La thématique de 2017/18

La fin du cycle commémoratif du Centenaire de la Première Guerre mondiale apparaît propice à une réflexion pédagogique sur la question de la paix.

Les élèves français et allemands sont invités à interroger ce passé de la paix à l’occasion de deux années scolaires. Le thème du concours portera dans un premier temps en 2017-2018 sur la paix dans la guerre; avant de se porter en 2018-2019 sur la question du règlement de la guerre.

Dès avant août 1914, des institutions nationales et internationales, comme des personnalités de la vie publique et politique, se penchent sur la question d’une paix durable en Europe et dans le monde. Les « conférences de la paix » qui se tiennent à La Haye en 1899 et 1907 en sont l’expression, au même titre que les prises de position de dirigeants socialistes européens comme celles de Jean Jaurès.

Pendant et déjà avant le conflit, des voix de la société civile s’étaient également élevées pour dénoncer la guerre et/ou proposer un règlement pacifiste du conflit. La conférence des délégués socialistes de Zimmerwald (Suisse) en septembre 1915 s’inscrit dans ce sillon. Le 12 décembre 1916, les puissances centrales (Allemagne et Autriche-Hongrie) émettent des propositions publiques de négociations. « En 1917, on n’a peut-être pas été loin de la paix » comme le note Georges-Henri Soutou. En effet, après trois années de guerre, le contexte social et politique a changé.

Le parlement allemand vote une résolution de paix en juillet 1917. Le Saint-Siège poursuit dans cette voie le 1er août alors que certains partis socialistes tentent de réunir une conférence pour la paix à Stockholm. Les 14 points de Wilson dessinent quant à eux l’idée d’une « paix sans vainqueurs » en janvier 1918.

Ces tentatives et aspirations, que l’on retrouve à l’échelle du témoignage de soldats ou de personnalités publiques à l’arrière, montrent combien l’horizon de la paix se développe malgré la mécanique de la guerre totale dans les sociétés européennes. Sans pouvoir aboutir cependant à une paix hors de la victoire des armes.

Avec l’armistice du 11 novembre 1918 et l’ouverture de la conférence de la paix de Paris le 18 janvier 1919, c’est bien la question de la paix après la guerre qui est en jeu. De la Grande Guerre naît la société des Nations (SDN) et sans doute l’espoir d’un nouvel ordre européen fondé sur une union plus étroite des gouvernements et des peuples. En proie à une révolution après l’abdication de Guillaume II, l’Allemagne se dote d’une République et rejoint les démocraties occidentales tendant vers un horizon pacifique. Pourtant, le traité de Versailles du 28 juin 1919 a été un des principaux instruments de propagande du national-socialisme qui s’installe finalement en Allemagne en 1933.

Comment les dirigeants pouvaient–ils régler le conflit qui a fait tant de morts et de destruction ? Sur quelles bases, selon quels principes ? Les traités de paix dont accouchent les dirigeants pouvaient-ils maintenir une paix durable selon le vœu émis dans les 14 points de Wilson (janvier 1918) ? Ces questions, contemporaines du conflit, nous interrogent aujourd’hui sur la manière de faire la paix après la guerre.